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RAID  cycliste en solitaire
 MOURCOURT (Bel)    TORRE PEDRERA (It)  2007

par Jean-Luc DUJARDIN

 

Quand le vélo raconte

 


  Intrigant le fait qu’il me change les pneus, les pignons, la chaîne et le 50 dents pour un 48,  qu’il me fixe un sac au guidon et un sac rempli de linges sous la selle

Les jours passent….

  Ainsi équipé, le  vendredi 14 .Octobre au matin,  il me dit «  bon on est parti » mais où et pour combien de temps, mystère.

Le long de l’ESCAUT, un dernier cygne
 

    

  A notre passage, le cerf du rond point à St AMAND reste impassible.


  Il a l’habitude de dire que, passé VALENCIENNES  plus rien n’est plat; il oublie la côte d’ANZIN.

  Avec le poids supplémentaire en montée, il est moins fringant , mais en descente on se fait plaisir. Je vois  SOLESMES, LE CATEAU, où j’ai droit à l’ombre pendant que derrière une omelette frites, il fait l’intéressant à dire qu’il va en Italie ; premières nouvelles.

J’aime l’ Italie, mais ce qui me tue, c’est le voyage en camionnette, debout sans parler.

Heureusement, une fois arrivé, je me re- trouve au sous sol de l’hôtel avec plein d’amis.

Cette fois pas de camionnette ; rien qu’à nous deux ?

Viennent ensuite les plaines vallonnées avant REIMS.

Près de CRAONE,à droite le chemin des dames, on continue à y mourir ; en avril 1917, les poilus étaient abattus par les allemands; en octobre 2007, ce sont les renards qui s'y font écraser.

    A HURTEBISE, je découvre la première vigne.

La journée se termine dans la chambre du Campanile ; comme les vieux chevaux.

je dormirai debout ...
 

Le deuxième jour

  Routes tranquilles jusque CHALONS  puis VITRY LE FRANCOIS. Vient ensuite un super chemin de halage, le long du canal qui nous  mène à ST DIZIER. Sur la place, lui un spaghetti et moi l’ombre.

  On termine au F1 après avoir longé l’interminable canal de la MARNE à la SAONE ; j’ai découvert des pont-canal, fait fuir des hérons mais pas de cormorans ; heureux pêcheurs...

 

Le troisième jour

  Le brouillard est présent dans la vallée  qui entoure CHAUMONT; le départ sera différé. Tour à tour,  LANGRES sera passé sous les gouttes de sueur, LONGEOT, CHAMPLITTE et son château fermé la journée du patrimoine.  GRAY ,le bar des deux terrasses ( des deux pintes) le long de la SAONE.

  BONBOILLON, MARNAY , ECOLE VALENTIN et son Campanile. C’est la HAUTE LOIRE  son relief vallonné et son revêtement granuleux qui rend mal.

 

Le quatrième jour
 

  De nouveau le soleil est matinal.  La journée commence par une visite à Carrefour pour quelques achats. La sortie de BESANCON par la route de MORRE, son tunnel et une visite à la marchande de pains au chocolat.

 

  Les premiers tours de roue nous conduisent dans le DOUBS. L’étape la plus belle. Après ORNANS, on a longé la LOUE, un ru qui se termine par un beau ruisseau impétueux. Les premiers tunnels sans visibilité ......

 

 A ST GORGON MAIN, nous prenons la direction de PONTARLIER, ville avec pistes cyclables.

   Il fait gris maintenant.  Restauration chez LECLERC , on ne s’attarde pas; la pluie menace. Il rafraîchit, nous passons les HOPITAUX NEUFS à 1040 M d’altitude.
A part un arrêt à la douane de VALLORBE, ce sera LAUSANNE, tout à droite.

  La N9 suisse nous permet de traverser LAUSANNE; beaucoup de feux rouges, sans doute des verts aussi mais on les ignore. Ensuite cette route fait le tour du lac LEMAN direction VILLENEUVE, BEX. Il fait de nouveau chaud mais brumeux. 

  

  Entorse à l’itinéraire ; il décide d’aller à CHATEL pour voir l’ARC EN CIEL et son patron HENRY. Au col du PAS DE MORGINS, il a sué. bien fait !!. En plus l’hôtel est fermé et son patron en retraite. Il est finalement hébergé dans un hôtel en bois. J’ai  droit au garage et je ne peux dormir, je n’ai pas l’habitude du bruit du torrent.
 

Cinquième jour


  Le ciel est" gwis épithète y va pleuvoiw".  Entre CHATEL et  MARTIGNY , il fait gris et sporadiquement une petite averse nous mouille ; KW , jambières. Il attaque le GRAND ST  BERNARD mais à SEMBRANGER pause ravitorenseignements.

  A partir du tunnel il neige.  La raison l’emportera, il se fera transporter par une camionnette de cyclistes allemands. Moi je suis accroché près des teutonzzbike qui n’ont même pas daigné me faire une place sous leur housse.

  Côté italien, c’est le soleil.  Un peu avant AOSTE, nous quitterons nos hôtes.  Descente à allure modérée, séchage au vent.

 

Sixième jour


  La descente sur IVREA se fera vent arrière. Tout à droite. Tous ces bagages me rendent sensible au vent latéral.  Parfois la direction du vent change sur quelques mètres, l’aérologie locale est imprévisible et surprenante, le vent est facétieux.

  A PONT ST MARTIN, les vignes sont cultivées horizontalement à hauteur d’homme.
Les treilles sont tendues entre des colonnes en béton.  La  vigne façon Colisée .. Ensuite c’est IVREA, ville pavée.  A partir de VERCELLI, les moissonneuses à chenilles coupent le riz.

     
                                                             

  Sur la route de VERCELLI à PAVIE, installées dans les chemins agricoles, des péripatéticiennes attendent les clients. Sur ces lignes droites, en FLANDRES, ils mettraient des radars. Avoir affaire à l’une ou à l’autre provoque toujours un pincement au portefeuille.
  Celle qu’il a photographiée voulait  50 € une banquette de voiture et un préservatif, il n’avait rien de tout ça et en plus on n’avait pas le temps.

 

 

A PAVIE quand on est sur le PO(T),  cela ne veut pas dire qu’on est aux toilettes

A PAVIE, mon repos s’est passé dans le local à  poubelles , Quand il m’a récupéré le lendemain, j’étais à plat à l’arrière ....

 

 

Septième jour


  La route allant vers CARPI sera sans relief, sans problème si ce  n’est qu’une COLNAGO girl le renseigne sur l’itinéraire.  Au moment où elle enlève ses lunettes, c’est le choc. Elle présente deux fois un œil superbe.  Quand ses yeux se mettront d’accord sur la direction, elle aura vraiment un magnifique regard.  Je ne sais toujours pas si c’était vers MILAN ou vers TURIN. Fions-nous à notre instinct.  Tu vois ce que  je veux dire.


  

La dernière 
 

  CARPI, au nord de MODENE , une place pavée immense, plus grande que celle de ST NIKLAAS- la plus grande de Belgique-.

  Au panneau MODENE MARANELLO, j’aurais aimé qu’il me photographie, sans roue avant, le cadre cabré comme le cheval noir sur fond jaune.... ( pour les vélos lourds MANANELLO = usine FERRARI).

  A CESENA, je retrouve enfin un ami, le vélo du patron de l’hôtel PUNTA  NORD venu à notre rencontre.  Nous roulerons côte à côte pendant les 40 derniers KM après 1360 Km de solitude.

  Ensuite le patron de l’hôtel fait sauter le bouchon de Veuve Cliquot pour fêter son arrivée, sous l’œil admiratif du cuisinier, prince des couleurs et des saveurs,  et moi le repos.
 

 

C’est en pensant au retour que nous resterons quelques jours à l’hôtel PUNTA NORD.

WWW.hotelpuntanord.it  
 

  

 

Je croyais que l’ADRIATIQUE était le bout du monde, ce n’est que le bout de la route.

Dans le cadre de notre reportage, le lendemain nous prendrons quelques photos 
 

  

 

  Je remercie pour lui toutes les personnes qui, volontairement ou involontairement nous ont assistés ou soutenus durant la préparation ou la réalisation de ce voyage.

 

                                                     DUJARDIN Jean-Luc  né le 07.07.1987

                                                                               (J’ai 20 ans)

 

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Ma nove colli  (Mai 2008)

par Jean-Luc DUJARDIN

 

C’est  l’occasion d’un séjour à RIMINI que j’ai vu des panneaux en dur  balisant un circuit permanent.

Renseignements pris, il s’agit d’un Grandfondo (cyclosportive)  qui en est en 2008 à sa 38° édition.

Dès le premier janvier, les moyens techniques actuels permettent l’inscription en ligne.  Le 15 février le site annonce que les 11000… places sont attribuées. Dès réception du montant de l’inscription,  l’organisateur  envoie une carte postale à chaque participant ;  elle  fournit un N° d’enveloppe. L’épreuve se court le dimanche.

A partir du jeudi , il est possible de retirer cette enveloppe qui contient le dossard, la plaque de cadre, le bracelet électronique et le bon pour la pasta party.
 

C’est à ce moment que je prends connaissance de mon N°. Pour ceux qui ont oublié leur carte postale, une liste alphabétique permet de retrouver  son enveloppe; une preuve d’identité est alors nécessaire

 

Muni de ce Sésame, détour par un autre local pour retirer un sac d’échantillons et le cadeau qui, cette année, est un cuissard mi-mollets dont la taille a été précisée à l’inscription.

 

 

A partir du samedi matin toutes les grandes enseignes  du cyclisme proposent leur derniers produits dans une foire cycliste.
 

 

Des gadjets tels que breloques, maillots de toutes marques en taille 3 ans sont aussi proposés à cette foule multicolore et cosmopolite. C’est l’occasion de parler avec un Nancéen et un italien qui arbore fièrement un t-shirt du tour des Flandres.

 

 

De voir également des cyclistes suer sang et eau sur des home trainer, de voir aussi la créativité des concepteurs de maillots, tant dans les dessins que dans les couleurs.

Que nos pelotons sont mornes. Le samedi, pour obtenir l’enveloppe et le sac : deux fois la queue plus d’une heure.
 

 

Le dimanche matin, les réveils sonnent à 04.00 Hr.

Chaque hôtel fournit le déjeuner à 04.30 Hr.

Pour l’occasion ce sont les veilleurs de nuit qui les servent.

 

C'est ensuite le besoin de rejoindre CESENATICO au plus vite.


Le GPS n'est pas nécessaire; il suffit de suivre de ruban de voitures. C’est le long de la chaussée que vélos et cyclistes sont déchargés à la hâte.

Votre couleur de  plaque de cadre indique aux officiels dans quelle rue sera votre ligne de départ;  pas besoin de s’arrêter et rien à demander.

Après le bip résultant de l’impulsion du bracelet qui passe sur le contacteur, vous aboutissez à la queue d’une la file de 12 vélos de largeur.


A ce moment, il faut dépasser tout le monde  par l’extérieur, faire demi-tour et venir s’insérer dans le premier espace venu.

Il n’y a pas de honte, c’est  un  jeu dont j’ai mis deux ans à comprendre les règles.

Une heure et demi plus tard,  tour à tour, chaque peloton est libéré; maintenant, il y a 18 vélos répartis sur la largeur de la chaussée.



C'est parti. En 5 Km, les chaînes passent du  15 au 11. Au fur et à mesure que la chaîne descend, les pulsations montent. L’attention des cyclistes n’est troublée que par le ronron des roues en carbone.

Au pied de la première montée, la moyenne de mon peloton est de 41 Km H. Les traversées de BERTINORO et celle de POLENTA,  très étroites, nous obligent à monter à pied. Ensuite, ce sera un ruban ininterrompu de cyclistes jusqu’à l’arrivée.

Les montées, descentes, ravitos, s’enchaînent jusqu’au 95° Km; il  me reste 5 Km pour décider si je «fais le 140 ou le 210 «.

Banco, je fais le grand. Moins d’un quart d’heure plus tard, il pleut. Les esprits et les vélos transalpins sont  conditionnés pour le sec.  Des virages prononcés en surprendront plus d'un.  Des cuissards à ouverture latérales sur fond rose font leur apparition. Ceux qui sont partis sans KW sont glacés dans les descentes.

Les 30 derniers KM, en descente et à plat, se font sur le 11 dents.

 

Quand  la tour est en vue ,c’est gagné ,il reste 6 KM mais l’esprit est déjà à l’arrivée.

 


Passés la banderole, on reçoit  la médaille et une rose pour les dames; on rend le bracelet électronique, fini d’être prisonnier du peloton. Grâce au bon de l’enveloppe, c'est l’accueil en grandes pompes à l’endroit où la bière est distribuée à volonté. Ensuite c’est la pasta party .

Durant ce temps, le vélo se trouve au parking.  Pour y rentrer, pas de problème mais pour sortir avec un vélo, il faut que le Nr de dossard corresponde au Nr de la plaque cadre ...  CQFD.

A l’heure dite, rendez-vous face à la tour , embarquement et retour à l’hôtel.

Après le repas du soir, c’est dans un  mélange d’italien,d’allemand, de français du nord et de l’est, de gestes, le tout noyé dans le café, la bière et pour finir la grappa que chacun raconte les bons moments de la journée et ses espoirs pour le 24 mai 2009. Pour la plupart, c’est la dernière "nove colli".  Mais un serment de cycliste vaut encore moins d’un serment d’ivrogne.